Bellingham démolit le Mexique en huit minutes, l’Angleterre survit à dix et file en quarts

Il y a des soirs où un joueur décide, seul, que le scénario du match lui appartient. Dimanche à l’Azteca, Jude Bellingham a pris le contrôle du logiciel pendant huit minutes, le temps de planter un doublé qui a laissé le Mexique et ses tribunes bouillantes complètement sonnés. L’Angleterre a fini par l’emporter 3-2, dans un huitième de finale à rebondissements où elle a passé plus d’une demi-heure à dix contre onze. Direction Miami, et un quart de finale face à la Norvège d’Erling Haaland le 11 juillet.

Bellingham, l’horloger qui a cassé le match en deux frappes

Le coup d’envoi, initialement programmé plus tôt, a été retardé d’environ une heure en raison d’un orage, ce qui a donné le ton d’une soirée mexicaine électrique à tous les sens du terme. Sur le terrain, c’est pourtant l’Angleterre qui a fait parler la foudre. Bellingham a ouvert le score à la 36e minute, puis remis ça deux minutes plus tard, à la 38e. Deux buts en si peu de temps, dans l’antre bouillant de l’Azteca, face à un pays hôte porté par son public : difficile de faire plus symbolique pour un joueur qui s’est imposé comme le nouveau totem de cette sélection anglaise version Tuchel.

Le Mexique n’a pas abdiqué pour autant. Julián Quiñones a réduit l’écart dès la 42e minute, remettant instantanément la pression sur des Anglais qui pensaient avoir course d’avance. Harry Kane, fidèle à sa réputation de capitaine clinique, a redonné deux buts d’avance à l’Angleterre sur penalty à la 60e minute — son sixième but du tournoi, une régularité qui confirme qu’il reste, même à ce stade de sa carrière, le point de fixation offensif de cette équipe.

Dix contre onze pendant trente-cinq minutes, et ça a quand même tenu

Le vrai frisson du match n’était pourtant pas terminé. Jarell Quansah a été expulsé à la 54e minute après une faute sur Jesús Gallardo, laissant ses coéquipiers en infériorité numérique pour plus de trente-cinq minutes — une éternité contre une sélection mexicaine portée par son stade et cherchant à recoller. Raúl Jiménez en a profité pour transformer un penalty à la 69e minute et relancer un suspense que l’Angleterre aurait largement pu s’épargner avec un peu plus de sang-froid défensif. Mais à dix, dans la chaleur et le vacarme de l’Azteca, tenir un score acquis relève d’un exercice à part entière — celui de la gestion, du sacrifice collectif, et parfois d’un peu de réussite. L’Angleterre a coché toutes ces cases jusqu’au coup de sifflet final. L’affluence, évaluée à environ 80 824 spectateurs selon ESPN, donne une idée du chaudron dans lequel Tuchel a dû gérer cette dernière demi-heure à effectif réduit.

Miami et Haaland en ligne de mire

Ce qu’il faut retenir de cette qualification, ce n’est pas seulement le doublé de Bellingham, aussi spectaculaire soit-il. C’est une équipe anglaise capable d’encaisser un carton rouge en plein match couperet, à l’extérieur, dans l’un des stades les plus intimidants du monde, et de ne pas craquer. Ce genre de résilience se construit rarement par hasard : elle en dit long sur le travail défensif collectif imposé par Tuchel depuis son arrivée sur le banc.

Prochaine étape : Miami, le 11 juillet, face à une Norvège emmenée par Erling Haaland, qui n’a certainement pas besoin qu’on lui rappelle ce que représente un quart de finale de Coupe du monde. Bellingham a montré qu’il pouvait décider d’un match en quelques minutes. Reste à savoir si l’Angleterre pourra à nouveau se permettre de jouer à dix contre onze sans y laisser des plumes — ou son billet pour les demi-finales.

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