Une sénatrice paraguayenne s’attaque au capitaine des Bleus : le racisme ne connaît pas la trêve
Un penalty transformé, un pays éliminé, et une élue qui répond à la défaite par une sortie raciste décomplexée. Kylian Mbappé, lui, n’a pas laissé passer.
Une élimination qui tourne au dérapage politique
La France s’est imposée 1-0 face au Paraguay en huitièmes de finale du Mondial 2026, dans la nuit du 4 au 5 juillet à Philadelphie, sur un penalty de Mbappé à la 70e minute. Une qualification acquise dans un match tendu, rugueux — mais c’est l’après-match qui a viré à l’incident diplomatique.
Le 6 juillet, la sénatrice paraguayenne Celeste Amarilla, 61 ans, membre du Parti libéral radical authentique, publie sur X une série de messages visant directement les origines de Mbappé. Selon France Info, elle le qualifie de « Camerounais colonisé, faisant semblant à fond d’être Français », avant d’enchaîner sur des propos ouvertement racistes et déshumanisants. Rien d’ambigu dans la formulation — la sortie a été qualifiée de raciste par l’ensemble de la presse et des institutions sportives françaises dans l’heure qui a suivi.
Mbappé répond, sans détour
Le capitaine des Bleus n’a pas mis longtemps à répliquer, toujours sur X : « Vous êtes une femme méprisable et indigne de sa fonction », écrit-il, dénonçant « l’inconscience » et le « racisme décomplexé » de la sénatrice, avant de conclure qu’il ne laissera « jamais aux gens comme elle la liberté de propager leur haine et leur racisme à travers le monde ».
Une réponse sèche, sans détour diplomatique. Mbappé n’a jamais transigé quand ses origines sont attaquées, et cette sortie ne fait pas exception.
La classe politique française monte au créneau
La FFF a qualifié les propos d' »abjects » et « délictueux » dans un communiqué officiel, réclamant des poursuites. La ministre des Sports Marina Ferrari a repris les mêmes termes, dénonçant des propos « abjects, indignes » venant d' »une responsable politique ». Emmanuel Macron a lui aussi apporté son soutien public à Mbappé face à ces « attaques racistes » — un soutien remonté jusqu’au niveau diplomatique, le président paraguayen ayant écrit directement à son homologue français pour condamner les propos de la sénatrice.
Le sport comme miroir grossissant
L’épisode rappelle une évidence qui dépasse largement le rectangle vert : une élimination en Coupe du monde peut suffire à faire ressortir les pires réflexes identitaires chez certains responsables publics, à des milliers de kilomètres du stade. Mbappé, décisif sur le terrain, devient malgré lui la cible de ceux que sa performance dérange le plus.
Reste à savoir si les autorités paraguayennes iront au-delà de la condamnation diplomatique et engageront des suites concrètes à l’encontre de leur sénatrice.