Il y a des morceaux qui n’ont pas besoin de vernis pour briller. Dix ans après avoir bouleversé la scène soul avec son emblématique « Blue Lights », Jorja Smith vient de prouver que son talent brut de l’époque n’a rien perdu de sa puissance. Ce n’est pas un nouveau tube calibré pour les radios qu’elle nous offre aujourd’hui, mais un voyage dans le temps avec la sortie officielle de « Don’t Leave ».
Le choix du peuple
Tout commence par un anniversaire symbolique. Le 19 janvier dernier, Jorja célébrait la première décennie de son morceau culte. Pour l’occasion, elle n’a pas seulement sorti un vinyle collector regroupant ses meilleures performances (dont une session orchestrale à couper le souffle) ; elle a ouvert ses archives personnelles.
Sur SoundCloud, elle a ainsi partagé « Demo Dump ’16 », trois démos enregistrées à la même période que « Blue Lights », livrées sans retouches ni mixage. Parmi elles, un titre a immédiatement cristallisé l’émotion des fans. Face à cet engouement, Jorja a lancé un vote sur Instagram : quelle démo méritait une sortie officielle ? Le verdict a été sans appel.
L’émotion à l’état pur
« Don’t Leave », plébiscitée par le public, est donc désormais disponible sur toutes les plateformes de streaming. Ce qui frappe à l’écoute, c’est cette vulnérabilité désarmante. Loin de la perfection des studios actuels, on y découvre une Jorja Smith instinctive, portée par une voix profonde et une écriture intime qui nous plonge directement dans son processus créatif de 2016.
C’est un cadeau rare pour les auditeurs : celui de voir l’envers du décor et de comprendre comment l’une des voix les plus marquantes de sa génération s’est construite, un enregistrement brut après l’autre.