À 41 ans, Cristiano Ronaldo dispute ce qu’il a lui-même annoncé comme sa dernière Coupe du monde. Entre records historiques, hommage bouleversant à Diogo Jota et un money-time qui n’en finit plus de faire vibrer le Portugal, retour sur un parcours qui ressemble déjà à un roman.
Un groupe K qui commence dans la douleur
Tout n’a pas été simple pour le Portugal dans ce Groupe K. Le 17 juin, face à la RD Congo, la Seleção accroche un match nul 1-1, loin des certitudes affichées avant le tournoi. Un résultat qui aurait pu faire jaser sur l’âge de son capitaine, sauf que Ronaldo n’a jamais eu pour habitude de laisser planer le doute trop longtemps.
Le doublé qui écrit l’histoire
Six jours plus tard, le 23 juin, l’Ouzbékistan en fait les frais : 5-0, et un doublé signé CR7 qui change la nature du personnage. En marquant ce soir-là, Ronaldo devient le premier joueur de l’histoire à trouver le chemin des filets dans six Coupes du monde différentes. Une statistique qui dépasse le simple exploit sportif : elle traverse les générations, les époques, les styles de jeu. De 2006 à 2026, l’attaquant portugais aura vu défiler des dizaines de partenaires, plusieurs sélectionneurs, et il continue, imperturbable, à planter des buts. Il termine par ailleurs meilleur buteur portugais du tournoi, avec 10 réalisations à son actif.
Le nul 0-0 concédé ensuite face à la Colombie n’entame en rien la dynamique collective : le Portugal valide sa qualification pour les phases finales, sans forcément briller, mais avec cette efficacité tranquille propre aux équipes qui savent où elles vont.
Toronto, un adieu à la Modric
Le 2 juillet, à Toronto, le Portugal retrouve la Croatie en seizièmes de finale. Sur le papier, un simple huitième de tableau. Dans les faits, un choc symbolique : très probablement le dernier duel entre Cristiano Ronaldo et Luka Modric sur une scène mondiale, deux joueurs qui ont façonné le football européen des quinze dernières années sans jamais vraiment se départager en Coupe du monde.
Le scénario est digne d’un scénario hollywoodien mal dosé en suspense : la Croatie ouvre le score, Ronaldo égalise sur penalty avec le sang-froid qu’on lui connaît, puis Gonçalo Ramos plante le but de la victoire à la 90e+4, dans les ultimes secondes d’un match à couteaux tirés. Score final : 2-1 pour le Portugal.
Un but pour Diogo Jota
Au-delà du résultat, c’est le geste de Ronaldo après son penalty qui a marqué les esprits. Le capitaine portugais a dédié sa réalisation à Diogo Jota, ancien international disparu en juillet 2025. Un instant suspendu, loin de toute polémique ou de toute posture, qui rappelle que derrière les statistiques et les records, il reste des hommes et des deuils.
Un but, un regard vers le ciel, et tout un vestiaire portugais qui comprend le message sans qu’il soit besoin de le formuler.
Cap sur Dallas et l’Espagne
La suite s’écrit désormais à Dallas, le 6 juillet, pour un huitième de finale face à l’Espagne. Un remake ibérique qui a toujours eu une saveur particulière pour Ronaldo, lui qui a construit une partie de sa légende dans les duels contre la Roja, que ce soit sous les couleurs du Real Madrid ou de la sélection portugaise.
Roberto Martínez peut s’appuyer sur un collectif équilibré, où Rafael Leão apporte la vitesse et le déséquilibre offensif nécessaires pour ne pas tout faire reposer sur les épaules de son capitaine. Mais soyons honnêtes : à ce stade de la compétition, tout le monde regarde du côté de Ronaldo. Parce qu’un joueur qui marque dans six Mondiaux différents, qui dédie ses buts à un ami disparu et qui annonce lui-même que la fin approche, ça ne s’ignore pas. Ça se regarde, jusqu’au bout.